mardi 28 octobre 2008

Un dimanche aux marchés

Dimanche .
Et cette question ... Pourquoi me lever ?
Je n'ai pas cherché de réponse , je me suis fait violence pour sortir de mon lit .
Pourquoi me laver ?
Je n'ai pas cherché de réponse , je me suis fait violence pour me préparer .
Je suis restée aggrippée à cette idée que je pourrais aller jusqu'au marché de la création sur les quais de Saône . J'ai laissé tourner en boucle dans ma tête ce refrain motivant .
Et comme pour m'encourager , le soleil s'est fait doux presque chaud .
Ca y est , je suis dans la rue , mais qu'il est difficile parfois de mettre un pied devant l'autre , d' essayer d'avancer , alors que les croches-pattes de la vie me figeraient dans l'immobilisme .
Le pas s'allège sous le ciel bleu , je respire l'air aux couleurs d'un été presque indien .
Je connais par coeur ce trajet que j'empreinte , nous l'avons fait souvent avec ma fille .
Qu'ils sont loin ces dimanches matins ... comme une autre vie .
Il y a les exposants habituels presque sans surprise , je me surprend à me lasser de ce que j'aimais auparavant , cela ne fait pas si longtemps pourtant que je me régalais de cette ballade matinale .
Je m'attarde quand même devant ces grands tableaux de New York ... l'artiste assis à côté de ses oeuvres ne sait pas qu'en observant ses taxis jaunes , ses grattes ciels , j'entend les bruits de la grosse pomme , que mes pieds me brûlent encore à force d'avoir arpenté les avenues , que mon regard se perd à chercher le sommet de l'Empire State Bulding , que j'ai encore froid comme aux côtés de la Statue de la Liberté . Je me souviens .
New York ...
New York ...
Quelle ville extraordinaire !
Et pourtant , ce voyage explosa toute ma vie , comme se sont effondrées les tours ...
Je quitte le stand comme pour chasser ces souvenirs ...
Au marché de l'artisanat , ce sont toujours les mêmes choses ...
Je tourne les talons , j'enjambe le pont et je me laisse emporter par les affamés qui font leurs courses au marché des fruits et légumes .
Les poulets rôtis embaument les allées , aiguisent ma gourmandise , les chrysanthèmes me rappelent que c'est bientôt la Toussaint , mais que le premier novembre sera aussi l'anniversaire de ma fille . Le chien pousse un cri parce qu'un passant lui a écrasé la patte , j'achète des pommes rouges et jaunes à une marchande au visage buriné par des années de travail au grand air .

Un coup de panier à droite , un je m'excuse à gauche , je goûte un petit bout de pain de campagne avec une tranche de saucisson .
Il faut jouer des coudes , se déhancher parfois pour progresser , je trouve une salade , deux ananas pour le prix d'un . Et je m'échappe de la foule .
Je retrouve les rues vides d'un dimanche matin , des jeunes déhambulent et chantent des restes d'une nuit de fêtes .
Le ciel est bleu , je flâne sur des détails d'urbanité , les travaux à la communauté des Jésuites , une bouche d'incendie , une poubelle , l'ordinaire , la banalité , l'intimité du quartier .
Cette ballade m'a fait du bien .

4 commentaires:

Jaca a dit…

Merveilleux Ma Tinou !
J'adore ton style...j'adore tes histoires, tes commentaires, tes promenades...
J'aurais "beaucoup " aimé te connaitre "vraiment" et prendre un bon café avec toi, et t'entendre me parler, me raconter tes histoires...

Je t'embrasse fort !

Coumarine a dit…

Je dis comme jaca...c'est sympa de te lire et de savourer tes photos..

MaTinou a dit…

Bonsoir Jaca ,
Merci ...Et si tu aurais aimé me connaître , parfois je me demande qui tu es fidèle Jaca , toi de l'autre côté de l'océan ...
Je t'embrasse bien fort
Matinou

MaTinou a dit…

Bonsoir Coumarine ,
Merci de ta visite
J'attend avec impatience ta venue à Lyon .
Je t'embrasse bien fort
Matinou