mercredi 2 juillet 2008

Un air lourd sans air

Le sommeil ne vient pas et les pales du ventileur agite un air lourd sans air .
Depuis combien de temps un homme ne m'a -t- il pas prise dans ses bras ?
Les coups de soleil de l'océan se sont transformés en peau qui péle , j'ai hydraté mes épaules mais là , plein dos , impossible d'étaler la crème ... il n'y a pas de main pour m'enduire , masser cet espace de mon corps inaccessible . Je me suis contorsionnée , j'ai laissé des traces blanches mais je n'ai pas atteint cet endroit inconnu entre mes omoplates .
Depuis combien de temps un homme ne m'a -t-il pas prise dans ses bras ?
Malicieuse solitude qui se manifeste à l'improviste , se fait insolente dans le reflet d'une glace et s'insinue à l'heure de l'endormissement . Elle va chercher les souvenirs , embête l'instant , ternit un demain , elle tait l'envie , chasse le désir . Elle laisse s'infiltrer la crainte d'un possible et rappelle l'échec .
Depuis combien de temps un homme ne m'a -t-il pas prise dans ses bras ?
Le sommeil ne vient pas et les pales du ventilateur agite un air lourd sans air .

lundi 30 juin 2008

Les tribulations d'une Matinou en grande surface

Il était ce matin , quand dans ma voiture j'ai soudain décidé qu'après mes heures de travail , j'irais en courses en grande surface . Tout ça à cause du balai d'essui glace qui présentait quelques signes de délabrement après deux trois battements pour effacer l'averse . En avalant les kilomètres , j'écris mentalement ma liste .
- balais d'essui glace avant et arrière
- bombe pour anéantir les puces que le chien a laissé en gage de l'avoir abandonné quelques jours . Fermez les yeux ! Je vais insulter ces maudites tites bêtes qui me font me démanger frénétiquement . P..... b..... de m.... !!! Il paraît que les puces de chien ne piquent pas les hommes mais bien sûr, moi elles me dévorent ! Et ça me gratte et je suis une gratteuse et avec la chaleur les premiers moustiques zzzzz zzzzz et devinez sur qui ils s'abattent ? Et ça me gratte et je suis une gratteuse ! Quand petite, j'ai eut la varicelle , mon père m'avait attaché les mains pour que je n'arrache pas tous mes boutons . J'essaye toutes les crèmes possibles et inimaginables , je me badigeonne de citronnelle et je passe des nuits cauchemardesques à me frotter , à m'écorcher les dix doigts en action , je raccourcis mes ongles , je mets les pieds dans une bassine d'eau .
J'en suis où de ma liste au fait ? Ah oui ! Une housse pour mon matelas ! Et puis quelques provisions alimentaires . Faut que je pense au doc et à sa suggestion de régime ! Il m'a proposé une version suivant mon groupe sanguin et comme je suis O , il m' a prescrit plus de viande rouge , pas de laitage , ni de blé et toutes ses déclinaisons , un comble ! J'avais presque éliminé les bases animales pour une option plus céréalière ..... quelques steacks pour une dizaine de kilos en moins ? Euh ..... on peut toujours essayer ! ..... Le doc, quand il fait une découverte qui l'inspire , je lui sers de cobaye ..... on ne sait jamais si un truc marchait avec moi !
Je gare ma voiture , je mets dans un coin de ma tête ma liste et je vais travailler .
Et puis je me retrouve dans la grande surface , trop grande la surface pour moi , j'ai perdu l'habitude de ses allées sans fin , de ses rayons qui déclinent un produit en 25 versions et je suis là penaude à me demander laquelle choisir ! Je trouve mes balais d'essui glace mais devant les dizaines de bombes , j'hésite , je compare , je calcule et finalement j'opte pour l'exterminator , il a intérêt à faire effet , je parle toute seule , j'ai l'air maligne ! Et rebelote pour la housse !
Ah ! et puis pour aggraver la situation , ce sont les soldes ! Je tourne , je vire pour quelques petits hauts à 50% mais quelle idiote de me laisser endormir par ses propositions alléchantes ! Mais je me laisse tenter , ça vaut le coût !
Je commence à en avoir marre de cette grande surface dans laquelle je me perds , je planterais bien tout là pour m'enfuir et retrouver mes petites habitudes des commerces de proximité .
Et puis voilà que mes démangeaisons se réveillent quand je cherche le vinaigre balsamique ! Quand un bouton commence à me titiller , on dirait qu'ils se donnent le mot , ils se mettent tous à me gratter et je deviens une gratteuse dans les étals d'une grande surface !
Et à force d'arpenter le carrelage , de vagabonder de tête de gondole en cageots de légumes , d' errer en va et vient , ce qui devait arriver arriva , j'ai perdu mon charriot ! Il me fallait faire le chemin à l'envers comme si à l'endroit ne m'avait pas suffit ! Et si je prenais la fuite ? Mais j'ai besoin de mes balais d'essui glace ! Le charriot n'est pas devant les paquets de riz , ni dans les petites culottes , en passant je choisis ma crème anti-rides ( je vous ferais grâce des détails de mon choix) . Je fais ce qui ne ce fait pas , j'attrappe une bouteille d'eau et j'en bois de grandes gorgées mais il est où ce charriot ? Au moment de capituler je le retrouve faisant la cour à de belles aubergines en filet et dire que je n'aime pas les aubergines . Maintenant , j'accèlère , je prends à la volée deux morceaux de viandes , 3 mozzarela , des tomates et des pêches . Je me précipite à la caisse et l'hôtesse raconte à sa voisine son mal de tête à cause des coupes de champagne qu'elle a bu à midi , d'ordinaire , j'aurais eut quelques propos complices mais je suis proche de l'overdose à la grande surface , de l'hystérie à la démangeaison .
Je remplis mon grand sac que je remets dans le chariot , que je mets dans le coffre , que je sors du coffre , que je monte chez moi , que je vide .
Vous voulez que je vous dise un truc ?
Je ne suis pas prête de remettre les pieds dans une grande surface !

vendredi 27 juin 2008

Une escapade océanique


Bien sûr c'était un déplacement professionnel mais ce fut une parenthèse , quelques jours à part .
Il y avait les embruns de l'océan , le soleil pour gorger enfin le corps de chaleur , un goût de sel sur la peau ,
le regard qui dessine la côte et s'évade à la frontière des cieux et des flots .
Marcher dans le sable et se laisser heurter par l'assaut des vagues , respirer l'iode aux nuances de pins , fermer les yeux pour profiter de l'instant et les rouvrir sur un moment de plénitude .

mercredi 18 juin 2008

Trois choses à faire

Sur ma liste du jour , il y a trois choses impératives :
- les impôts
- le coiffeur
- la lessive
Les impôts , date limite 17 juin minuit !
Alors ce matin , je mets mon réveil à 7h , il sonne , je tourne dans mon lit , je traîne jusqu'à 8h30 .
Et puis je me décide , il faut que je fasse ma déclaration . Je mange un kiwi , j'allume l'ordi , je bois un thé , un coup d'oeil aux infos . Il faut que je fasse mes impôts . Je vais voir mes mails , je feuillete un bouquin , je fais un jeu sur internet . Il faut que je fasse ma déclaration . Mais je trouve encore un prétexte pour me détourner de ce que j'ai à faire . J'essaye d'inverser l'ordre de mes priorités . IL faut que je fasse mes impôts . Pourquoi je n'irais pas chez le coiffeur avant ? Parce que mes impôts c'est plus urgent ! Et si j'allais à la laverie et pendant que la machine tournerait , je ferais mes impôts ! Mais il faut que je me lave , que je m'habille et à ce rythme désordonné , je ne vais rien faire et je sens une bouffée d'angoisse qui monte . Il faut que je fasse mes impôts . Je donne à manger au poisson rouge , je grignote un gâteau , je prends mon cachet avec un grand verre d'eau . Il faut que je fasse ma déclaration . Je récupère mon dossier noir "impôts" , je me cale dans mon fauteuil et j'ouvre la fenêtre www.impots.gouv.fr/ .
Bien sûr , j'ai perdu le certificat et quand je le retrouve , j'ai égaré le mot de passe mais je m'accroche à mon clavier , à cette corvée parce que si je lâche cette obligation absolue , je sais que mon renoncement me coutera 10% mais surtout et encore une culpabilité que je traînerais comme une entrave tout au long des heures à venir .
Je concentre mon énergie , jallume une cigarette , j'hésite et je me lance et enfin je boucle cette maudite déclaration . Et d'une !
Il me reste à aller chez le coiffeur et à la laverie .... et c'est la valse des hésitations qui recommencent . Si je m'écoutais je ne sortirais pas , je me recoucherais , un bouquin , une musique , une série .... Mais à la fin de la semaine , je pars en déplacement et j'ai des impératifs .
Que faire ? Je me lève de mon fauteuil , je me parle , je m'ordonne à bouger , je me prépare , je tergiverse encore , je prétexte de ne pas savoir comme me vêtir et puis je tombe sur une chemise , je suis prête , je vais chez le coiffeur .
Et puis dans ma boîte aux lettres une agréable surprise , je viens de recevoir les livres de Coumarine . J'ouvre l'enveloppe avec milles précautions , je dévoile ses deux ouvrages , je découvre ses dédicaces . Arrêt sur image , petit bonheur . Je fonce au salon de coiffure , j'oublie que c'est pour me faire couper les cheveux , je veux un fauteuil libre pour lire . Je le trouve mais les clientes se succèdent , il y a du bruit , de l'agitation , c'est le jeu des chaises musicales , je m'isole dans les mots , la coloriste veut me causer , je retourne au rythme des phrases , la coiffeuse me raconte sa journée interminable et la séance n'en finit plus . Quand je sors , il pleut averse , j'abrite mes livres , je rentre . Il est trop tard maintenant pour que j'aille à la laverie , si j'ouvre le bouquin je ne ferais plus rien , enfin si je lirais mais le raisonnable veut que je poursuive mes préparatifs .

mercredi 11 juin 2008

Le Doc

Aux premières lueurs du jour , j'ai cherché d'une main l'interrupteur de la lampe de chevet , j'ai inspecté d'abord le creux de mes bras , j'ai repoussé brusquement la couette et observé mes jambes . La nuit n'avait pas effacé les symptômes de l'urticaire ou de l'allergie qui rougissait et boursoufflait ma peau .
Je ne pouvais pas échapper au rendez vous avec le Doc .
Cher Doc , il sait quand je l'appelle qu'il doit me recevoir dans les heures qui suivent , je lui ai déjà réservé quelques frayeurs , des hospitalisations en urgence , des opérations précipitées .
Dans la vieille allée un homme passe la serpillère , je grimpe les escaliers marqués par le temps , l'usure a creusé les carreaux de ciment , le bois de la rampe a la douceur de la patine , un rien de presque sensuel dans le creux de la main pour peu qu'on oublie la souffrance qui nous conduit ici . Mais ce contact tendre est le prémice du soulagement .
Le Doc m'ouvre son appartement cabinet fait de bric et de broc , les dossiers sont dans des cartons de chaussures , les murs racontent ses voyages . Il y a des piles de livres sur son bureau , son carnet rouge de rendez vous , une lampe design , un écran d'ordinateur , d'un coup d'oeil je repère les changements , les nouveautés , il m'interpelle par mon prénom , me désigne le fauteuil de cuir noir . Je lui tend mon bras , il ose me demander de soulever mon tee shirt , il me griffe le dos pour confirmer son diagnostic et il retourne s'assoir derrière sa table de bois .
J'essaye de lui raconter mes démangeaisons de ses derniers jours , il s'en fiche , il sait déjà .
Silence . J'attend mon ordonnance qu'il n'écrit pas , il me regarde , prononce encore mon prénom .
Soudain le fragile équilibre bascule , il me regarde , taisez vous le Doc , taisez vous ...
Mais le Doc ne se taira pas ! Le Doc gentiment se fâche , le Doc gronde mon laisser aller , le Doc me suggère fermement un régime , le Doc s'inquiète de ma petite tension , le Doc me demande comment je vais , le Doc va chercher mes chagrins , le Doc me tend une boîte de mouchoirs en papiers blanc pour éponger le flot de larmes , le Doc farfouille dans ses documents amoncelés , il cherche et cause encore , le Doc me connaît par coeur , le Doc me donne une adresse , " vous telephonez cet apres midi à ce numéro".
Le Doc écrit son ordonnance , le Doc me demande de prendre soin de moi en me serrant fortement la main sur le pas de la porte . Le Doc veut que je lui téléphone dans quelques jours . Le Doc m'abandonne dans les escaliers , je ne touche pas à la rampe , je me frotte contre le mur jaunâtre pour soutenir mon étourdissement , je me ressaisis avant la rue et je rentre dans la boutique de déco juste à côté pour causer avec le propriétaire de son fauteuil aux ailes d'anges .

lundi 9 juin 2008

Une éclaircie




Oh Soleil , Aussitôt dehors !

Arpenter la rue Victor Hugo , jusqu' à la Gare de Perrache ,

Marcher encore et encore pour se gorger de tiédeur ,

Rejoindre une file interminable de clients pour négocier des billets de trains , un dossier non

validé par une employée trop zélée , trois heures devant un guichet , trois heures de soleil

perdues .


Soleil timide pour une heure de retard


Soleil timide sur ce lundi matin , mais ma voiture refuse de démarrer . Il est 6h30 , encore un tour de clef , elle hoquete , un espoir qui s'essouffle dans un râle et s'éteint dans un silence .
Après le renoncement , c'est l'appel aux collègues pour prévenir de mon retard et l'épopée affolée dans les transports en communs . Retrouvailles avec mon itinéraire , je m'engouffre dans la bouche de métro , j'oblitère mon ticket , une , deux , trois stations . Et puis c'est l'attente sous l'abri de bus , décidement rien ne fonctionne aujourd'hui , mon ipod n'a plus de batterie , mais j'ai un livre en réserve dans mon sac . Sur la place , il y a de nouvelles plantations , des bancs tout neuf , zut je n'ai pas pris mon appareil photo , je vais essayer un cliché avec mon téléphone .
Le car traverse la ville et s'enfonce dans la banlieue verdoyante , débarquée , j'accélère le pas le long du fossé au bord de la route . A droite , je plonge sur le chemin à travers champs , il y a deux filets d'eau en mouvement de chaque côté d'une bande d'herbe vert tendre , ligne continue . De longs épis gorgés des pluies forment une haie folle que j'écarte à coups de genoux pressés .
Au bout du sentier , je vais prendre mon service avec une heure de retard .

dimanche 8 juin 2008

Pluie de nuit

Ciel bas , ciel gris , encore un dimanche de pluie .
Juste envie de dormir !
Trop dormi , je suis ensuquée .
La nuit est plus douce que le jour sans attente du soleil , dans un silence humide .
Et puis une nouvelle averse drue fracasse la tranquilité , elle s'intensifie , résonne dans l'obscurité , ralentit pendant que l'eau dans les gouttières dégringole frénétiquement , rebondit dans les rigoles , et puis la pluie redouble , se déchaîne , un coup de tonnerre et soudain le ciel se fait muet mais ce n'est qu'une accalmie . Des trombes s'abattent avec virulence sur la ville . Encore quelques soubressauts de l'orage et puis il se tait .
La fraîcheur s'infiltre dans l'entrebaillement de la fenêtre .
Je n'ai plus sommeil .

Arman Melies - Casino

Le poète à la mélancolie rêveuse nous livre un troisième album recélant de brillantes pépites comme "Soupir du monde" ou "Mille fois par jour ".