vendredi 5 septembre 2008

La place vide et nue


Des jours recluse à chercher dans la pagaille de mes pensées la lueur d'une issue à ces déchirements familiaux .
Pourquoi ne suis je pas convaincue que le pardon soit une évidence à d'hypothétiques retrouvailles ?
J'ai déjà pardonné , trouvé des excuses mais il m'est impossible de me rapprocher .
Des jours recluse dans la pénombre en silence et en solitude mais je ne trouve pas le chemin dans ce labyrinthe complexe .
Cet après midi , j'ai quitté l'enfermement , ouvert mon périmètre de survie et traversée à nouveau la place Bellecour .
Il y avait quelques choses de bizarre , une ambiance particulière . Etait ce l'atmosphère lourde d'un lendemain d'orages , la fin des vacances et le grouillement de la reprise ?J'épiais les indices sans comprendre l'origine de ce bouleversement .
Décidément mon esprit ne cessait de plonger dans une brume épaisse et au moment où je commençais à m'inquiéter pour ma santé mentale , je compris éberluée la cause radicale de ce changement . Les marronniers qui bordaient la place Bellecour venaient d'être élagués , rasés , arrachés . N' y avait il pas aussi des platanes ? Enfin de toutes façons maintenant , il n'y a plus rien et recluse depuis des jours je n'ai rien vu de cet événement .
Et cet après midi , j'étais là , plantée au milieu de la place vide et nue .

3 commentaires:

Pivoine a dit…

Quant aux déchirements familiaux, je serais assez du style, si on me tend la main, à m'éclairer du dedans et du dehors. Peut-être que fondamentalement, je n'en veux à personne. Je finis toujours par me demander quelle est ma responsabilité dans les déchirements familiaux, quelle part y ai-je prise. Et j'en connais aussi. Avec un cousin. Mais je ne saurais vivre sans ma famille proche. Mon frère par exemple... Ben, je ne me pose aucune question à son sujet, je l'aime d'un amour que rien ne pourra jamais abattre. (Il pourrait tuer ou voler, j'irais lui apporter des oranges en prison). (Je plaisante bien sûr!) Si le cousin en question me tendait la main, je la prendrais, et si j'étais sûre qu'il ne me rembarrerait pas, je lui tendrais moi-même la main, je n'attendrais pas.

Il y a une différence entre oubli et pardon. On peut pardonner, oui, mais on n'oublie pas pour autant. Mais quand il y a des gestes des deux côtés, après, je crois foncièrement qu'il y a du bonheur. C'est après qu'on s'en rend compte...

MaTinou a dit…

Bien sage Pivoine ...
Tout ce que tu m'écris me paraissait comme une évidence ... et puis les événements , les circonstances ont brouillé les cartes et tout est devenu illisible
Biz
Matinou

Pivoine a dit…

Ah, Matinou, mais c'est un travail de tous les instants ! Seulement, je crois qu'il continue de se faire de façon sous-jacente (comme l'eau de la source qui creuse la roche avant de sortir de terre...) Est-ce que tu te fais aider ?